06/12/2006

En terrasse

terrassevue de haut

 

 

 

EN TERRASSE

 

 

La portière du taxi trop vite refermée

Sa  jupe portefeuille…s’effeuille

 

 

Longue conversation

Médor impatient

Tire sur sa laisse

Son maître le suit

Et lève…

…la main

- Au revoir !

 

 

Clodo sur carton

On lit encore une inscription

« Fragile »

 

 

Ils sont jeunes

Ils s’embrassent

Lui de dos

Elle de visage

Les yeux ouverts

La main refermée

Sur le portefeuille du gamin

 

 

Banc à couleur écaillée

Recherche désespérément peinture fraîche

Plus si aspérités

 

 

Un pigeon s’oublie

Ca me rappelle que je n’ai emporté qu’une veste

Une seule, pour voyager léger

 

 

Un tandem passe

Un couple pédale

Derrière,

Madame porte la culotte

Devant,

Monsieur met  la main au panier

Bizarre.

 

 

 

L’abribus a été tagué

J’espère qu’ils seront passés au dépôt

Histoire d’assortir les bus

Question de bon goût

 

 

Ils vont changer la couleur des boites aux lettres

Les smileys en ont marre de se fendre la gueule

 

 

Des tracts « Ecolo » souillent le caniveau

 

 

Des pare-brise font la queue

Une pervenche signe des autographes

 

 

Le feu devient vert

Il n’ y a plus personne pour en profiter

 

 

Le pharmacien ferme boutique

Je n’ai pas vu ressortir Madame Calmant

 

 

Je ne suis pas aveugle

Lunettes blanches, canne noire

C’est Philippe Reynaert !

Tiens, il boîte

 

 

Les ouvriers communaux arrosent les parterres

Tournée générale

Demain c’est 1er mai

 

 

L’étalage est vide

Les paniers à pain aussi

Au comptoir, la boulangère en tablier

Veille deux misérables sur dentelle blanche

 

 

Au loin une sirène

Les passants s’immobilisent

Cherchant du regard d’où vient ce bruit

 

 

Des notes s’échappent d’une fenêtre tout là-haut

Elles ont de la chance

Pas de vigiles en vue

J’en attraperais bien une ou deux

La radio est en panne

 

 

Une jeune fille sort d’un immeuble

Un étui à guitare à la main

Un carton à dessins sous le bras

Il y a des jours où je suis content de n’avoir aucun talent

Surtout sans ascenseur

 

 

Mobilier urbain

Ils ont ça chez IKEA ?

On pourrait déménager la ville à la campagne.

 

 

Merde, une petite vieille à terre

Et la gamine de tout à l’heure qui court derrière son sac

 

 

Madame Calmant sort de la pharmacie

Elle rajuste son chignon

Ca m’a paru une éternité

Je me lève

Et  laisse la monnaie.

 

 

 

 

 

 

14:15 Écrit par Zou dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Y'en a de trés beaux, Zou.

Écrit par : Yali | 13/12/2006

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